Quand je lis sur les Baby Boomers, certaines choses m’inquiètent et me surprennent. En particulier, notre façon rapide de généraliser (on sait bien, les Baby Boomers!) et la tendance assez répandue de tout leur mettre sur le dos.
D’abord, à propos des généralisations générationnelles (pas facile à dire, ces deux mots
), c’est assez simple de saisir que prendre une période de notre histoire (1946 à 1965) s’étendant sur 20 ans et de mettre tous ses membres dans un même paquet ne fait aucun sens. Au même titre que nous avons la génération Y (20-29 ans) et la génération X (30-39 ans), nous avons aussi les jeunes Baby Boomers (40-49 ans) et les plus âgés (50-59 ans). Personnellement, quand je pense aux Baby Boomers, c’est surtout à ce dernier groupe que je fais référence. Ils sont plus nombreux et il seront les premiers à tomber en retraite, à ralentir l’économie, à encombrer notre système de santé défaillant, etc..
Ce n’est qu’en le divisant ainsi en deux groupes (générations) que nous pouvons conférer aux Baby Boomers plus âgés une forme d’homogénéité en termes de styles de vie, d’habitudes et de valeurs partagées. Car ce sont les “marqueurs sociaux”, les contraintes et les opportunités de vie qui forment le moule social dans lequel une génération se construit pour développer une identité. Quand les gens disent “les Baby Boomers”, ils ne précisent jamais, mais j’ai l’impression que c’est au groupe des plus âgés qu’il font allusion, alors que celui des plus jeunes a coonu des conditions de vie assez différentes…
Surtout quand il s’agit d’en parler de façon négative. On leur reproche alors d’avoir eu la vie facile, du travail plus qu’ils ne pouvaient en accepter, des conditions économiques tellement positives, des possibilités de mobilités sociales exceptionnelles, bref d’en avoir profiter au maximum tout en nous laissant un bilan économique plutôt désastreux. On leur en veut de ne pas avoir suffisament planifié, d’avoir eu plusieurs grandes idées sans les avoir réalisées, donc d’avoir abandonné leurs rêves pour tomber dans un matérialisme décevant. Surtout, on les accuse d’avoir pris les commandes de notre société et de nous avoir guidé vers un fiasco total.
J’avoue que la critique est tentante. De mon côté, n’étant pas un Baby Boomer, j’ai tout de même tendance à admirer tous ces gens qui ont forcé le Québec à se redéfinir. Peut-être ont-ils sous-exploiter le potentiel de changement culturel, politique et économique qui s’offrait à eux, mais ils ont du moins ouvert des portes jusqu’àlors fermées de façon étanche. Ils se sont battus contre les forces idéologiques du Québec de Duplessis pour initier un mouvement social et politique très positif. D’avoir mener une Révolution sans violence mérite au moins un peu de respect. Le Québec est aujourd’hui une société ouverte dans laquelle les femmes et les minorités sont mieux traitées que dans la majorité des régions mondiales. Et ça, nous le devons en grande partie au fait que les Baby Boomers plus âgés ont effectué une rupture majeure avec le passé très religieux du Québec.
Soyons donc plus indulgents! Et tentons de minimiser le conflit des générations pour plutôt miser sur une créativité inter-générationnelle pour face face aux nombreaux défis qui nous guettent…

