Retarder la retraite des baby boomers pour se donner un avantage concurrentiel?
octobre 17, 2007 par boomerquebec
Comme c’est souvent le cas, on nous annonce une situation critique bien avant qu’elle ne prenne forme. Depuis combien de temps entendez-vous les médias nous parler de pénurie de main-d’oeuvre et de sortie massive des boomers du marché du travail? Il y a effectivement longtemps que les membres de la génération Y, comme moi, se font promettre un Eldorado du travail causé par tous ces merveilleux (et lucratifs) postes séniors laissés vacants. J’ai beau regarder, je n’en vois pas tant que ça.
Les raisons de cette non-réalisation de la crise annoncée sont multiples : espérance de vie accrue qui oblige les boomers à accumuler plus de revenus avant leur retraite, manque de planification financière dans le passé, rendement moins forts que prévus sur des placements, situation d’aidant pour les boomers qui prennent en charge des enfants pas encore autonomes et des parents qui le sont de moins en moins, etc…
Mais une chose est certaine : les boomers vont quitter le marché de l’emploi tôt ou tard. Et à ce moment-là, les entreprises vont se retrouver très mal prises pour contrer la perte d’un savoir-faire pratiquement impossible à remplacer. Car, même si on en discute depuis longtemps, il n’y a pratiquement aucune entreprise au Québec qui a officiellement mis en place un programme pour retenir ses boomers ou encore une démarche pour leur faire documenter ou partager leur capital intellectuel.
Mais si jamais une entreprise veut voir ce qui peut se faire, elle pourra se tourner vers la Finlande où Abloy pratique depuis 6 ans une politique de rétention des employés de 55 ans et plus. Leur programme s’appelle Age Masters et il propose, entre autres, plus de vacances aux 58 ans et plus, la participation gratuite à des évènements culturels ainsi que des semaines de 4 jours. Tout ça pour réduire la perte de capital humain. Ça fonctionne? Et comment! L’âge moyen de la retraite dans cette entreprise a été repoussé de 3 ans depuis l’introduction du programme… Quelle entreprise va innover de la sorce au Québec?

